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Stratégie énergétique 2050 : non au maintien de l'énergie nucléaire

17 décembre 2014

Image Stratégie énergétique 2050 : non au maintien de l'énergie nucléaire

"Dans le cadre du débat sur la Stratégie énergétique 2050, au cours de ces derniers jours, nous venons de faire des choix décisifs pour les générations futures, mais la clé de voûte manque pour que l'édifice tienne. Après de nombreuses heures de débat sur le premier volet de la stratégie, nous avons pris le chemin du changement. Nous avons entamé un virage essentiel pour l'avenir énergétique de notre pays. Par la force des choses, nous ferons le chemin à "la Suisse", c'est-à-dire sans précipitation, mais avec détermination.


Nous nous sommes donnés des outils pour avancer dans cette direction avec des décisions courageuses, mais réalistes et conséquentes pour des investissements dans des bâtiments plus efficaces en termes d'économie d'énergie, pour des appareils qui tiennent compte des progrès technologiques accomplis dans l'utilisation efficace des sources d'énergies primaires ou encore pour une utilisation beaucoup plus systématique, comme chez nos voisins, des sources d'énergies durables que sont l'eau, le rayonnement solaire, le vent ou la biomasse. Ainsi, la Suisse peut envisager avec une certaine sérénité son avenir énergétique, tout comme son avenir de place industrielle et de pôle de recherche qui a perdu du terrain dans les domaines liés aux énergies renouvelables à la suite des retards que nous avons pris dans les choix. Mais aujourd'hui, elle retrouve des conditions qui devraient lui permettre de rattraper son retard, même si la recherche reste affectée par les choix de politique étrangère à propos desquels l'UDC porte une lourde responsabilité.


Politiquement, nous avons pu constater une forte cohérence sur un dossier-clé pour l'avenir de notre pays entre la majorité du Conseil fédéral et la majorité du Conseil national composée des groupes PBD, PDC/PEV, des Verts, vert'libéral et socialiste qui ont toutes deux donné un signal clair pour le changement et contre la pérennisation des technologies dépassées excessivement coûteuses, bénéficiaires de subventions indirectes de l'Etat, inefficaces et dangereuses.


Le constat dépasse la politique énergétique. Il montre l'importance des rapports de force cohérents, indépendants des calculs d'apothicaire partisans entre les pouvoirs exécutif et législatif de Suisse; cela vaudra aussi l'automne prochain.


Il manque cependant une pièce importante à l'édifice. Nous sommes un pays qui, à raison, accorde une grande importance au patrimoine bâti qui fait partie de notre histoire. Mais l'extension de cette notion de patrimoine bâti aux centrales nucléaires a quelque chose d'absurde et de fondamentalement contraire aux décisions que nous avons prises pour le reste de la Stratégie énergétique 2050. En effet, il est irresponsable de poursuivre plus longtemps que nécessaire l'utilisation d'une technologie qui renferme des dangers élevés et dont les problèmes de démantèlement et de stockage des déchets ne sont toujours pas résolus et ne le seront sans doute jamais. Autant on peut sourire avec une certaine affection lorsqu'on voit passer une deux chevaux pas tout à fait conforme aux normes antipollution, autant il est totalement irresponsable, notamment vis-à-vis des générations futures, de faire courir des risques graves à la population sans aucune nécessité en maintenant en fonction des centrales nucléaires contre toute logique économique et écologique. L'énergie nucléaire n'a pu se développer que grâce à un subventionnement massif de la part des pouvoirs publics, notamment par le biais d'une sous-évaluation des coûts de démantèlement et de stockage. Si l'on prend la perspective économique du pays, et non pas celle de quelques intérêts particuliers, il n'existe aucune raison économique de poursuivre dans cette voie, fondamentalement contraire aux intérêts des contribuables et des consommateurs d'énergie.


Enfin, le maintien des centrales nucléaires est en contradiction avec les orientations que nous avons prises dans le cadre de la Stratégie énergétique 2050. Leur production vendue à des prix massivement insuffisants à la couverture des coûts réels constitue une opération de dumping qui fragilise dangereusement le développement des énergies renouvelables, alors même que nous venons de décider d'un programme étendu pour promouvoir ces dernières. Une proposition de minorité Chopard-Acklin, que la majorité de notre conseil a malheureusement refusée hier, aurait permis de diviser par deux le risque d'accident nucléaire dans le temps. Vous avez malheureusement refusé cette possibilité.


Monsieur Rösti nous a dit, au nom du groupe UDC, que les technologies nucléaires allaient redevenir sûres grâce au développement de la recherche. Si tel était le cas, dans 10 ans, dans 20 ans, dans 40 ans et dans 50 ans, je suis persuadé que nous aurons des majorités intelligentes ici pour le constater et dire: très bien, allons dans cette direction. Actuellement, vous n'avez aucun élément concret pour prouver que nous allons réellement dans cette direction. Il n'est donc pas prudent de vous donner un chèque en blanc. Vous avez aussi dit: "Die Energiewende ist gescheitert." Sie haben Recht, Kollega Rösti - und wir haben die beste Armee der Welt, und die Erde ist flach! (Teilweise Heiterkeit) Restons sérieux, donnons-nous une chance pour l'avenir énergétique de notre pays et soutenons l'initiative, qui est cohérente avec tout ce que nous avons décidé ces derniers jours. "


(discours tenu devant le Conseil national lors des délibérations sur la Stratégie énergétique 2050, le 9 décembre 2014 - pour l'entier des débats, cf. http://www.parlament.ch/ab/frameset/f/n/4916/453865/f_n_4916_453865_453866.htm)



 
 
 
 

Conseiller national (PS / FR);

  • membre de la commission de l'éducation, de la science et de la recherche (président de la délégation socialiste)
  • membre de la commission de la santé et des affaires sociales
  • membre de la sous-commission "Loi sur l'assurance-maladie"
 

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Jean François Steiert :